Redonner vie à une chaise ancienne, tresser un cannage traversé ou pailler un siège Louis XVI : le rempailleur (aussi appelé canneur-pailleur) garnit et restaure les assises et dossiers en fibres naturelles ou artificielles. Il travaille pour des particuliers, des antiquaires, des tapissiers ou des collecteurs. Le métier peut s’exercer sous le régime de la micro-entreprise, en relevant le plus souvent de la prestation de services artisanale, parfois complétée par la vente de créations ou de sièges restaurés.
Comment devenir rempailleur auto-entrepreneur ? Cadre légal, démarches, cotisations, plafonds, formation et compétences : on vous explique.
Le rempailleur auto-entrepreneur en résumé
- Centre de formalités des entreprises (CFE) : le cannage et le paillage en ameublement sont des activités artisanales. Vous vous immatriculez au Registre national des entreprises (RNE) en tant qu’entreprise du secteur des métiers et de l’artisanat, via le guichet unique des formalités des entreprises (INPI). La chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) est votre interlocuteur.
- Code APE : il est attribué par l’Insee en fonction de l’activité principale que vous déclarez. Décrivez-la précisément lors de l’immatriculation.
- Plafond de chiffre d’affaires : 83 600 € pour les prestations de services (BIC) ; 203 100 € pour la vente de marchandises. En activité mixte (rempaillage à façon et vente de créations), le CA global ne doit pas dépasser 203 100 €, dont au plus 83 600 € de prestations.
- Cotisations sociales : 21,2 % du CA pour les prestations de services artisanales (BIC) ; 12,3 % du CA pour la vente de marchandises.
En quoi consiste le métier de rempailleur ?
Le rempailleur intervient principalement sur des sièges et tabourets :
- cannage : tressage de canne de rotin (cannage français traversé, chevillé ou collé) pour assises et dossiers ;
- paillage : garnissage en paille, jonc, herbe de mer ou seigle (paillage brut ou recouvert) ;
- démontage et préparation : retrait de l’ancien cannage ou paillage, nettoyage des cadres, petites réparations de fûts et d’assemblages ;
- finition : humidification, tension, application de produits de traitement et de protection ;
- conseil : choix des matériaux, des styles et des techniques adaptés à l’époque du siège et à l’usage du client.
Le savoir-faire manuel et la fidélité aux styles font la valeur du travail, face aux sièges industriels.
Comment devenir rempailleur auto-entrepreneur ?
Plusieurs points sont à vérifier avant d’ouvrir l’atelier :
- La qualification professionnelle. Le rempaillage ne figure pas parmi les activités artisanales pour lesquelles un diplôme ou une expérience est exigé, comme c’est le cas pour le bâtiment ou la coiffure. Un CAP reste toutefois un atout, et la CMA vous confirmera votre situation lors de l’immatriculation.
- Les sièges confiés. Vous avez la garde de meubles qui ne vous appartiennent pas, parfois de grande valeur. Une responsabilité civile professionnelle, qui n’est pas obligatoire pour ce métier, est fortement conseillée : vérifiez qu’elle couvre les biens confiés (casse, vol, dégât des eaux, incendie à l’atelier). Remettez au client un bon de dépôt qui décrit le siège et son état.
- La sécurité à l’atelier. Fibres, colles, produits de traitement et outils tranchants demandent des équipements adaptés et une bonne ventilation ; suivez les fiches de données de sécurité des produits et veillez à l’ergonomie du poste de travail.
- L’accueil du public. Si vous recevez des clients dans un atelier-boutique, vous devez afficher vos prix (Code de la consommation, article L. 112-1) et respecter les règles applicables aux établissements recevant du public.
- Vente à distance. Si vous vendez vos créations en ligne, le consommateur dispose en principe d’un droit de rétractation de 14 jours (Code de la consommation, article L. 221-18). Une exception est prévue pour les biens confectionnés selon les spécifications du consommateur ou nettement personnalisés (article L. 221-28) : informez-en clairement le client avant la commande.
Les démarches de création se font en ligne sur le guichet unique (INPI). Le stage de préparation à l’installation (SPI) n’est plus obligatoire : les CMA proposent à la place une formation « Créer son projet d’entreprise », facultative et payante.
En pratique :
- Préparez votre pièce d’identité, un justificatif de domicile, la déclaration de non-condamnation et, le cas échéant, vos diplômes ;
- Déclarez précisément votre activité (cannage et paillage de sièges, réparations associées, éventuellement vente de sièges restaurés ou de créations) pour que le code APE soit cohérent ;
- Souscrivez une responsabilité civile professionnelle couvrant les sièges et meubles qui vous sont confiés ;
- Choisissez la périodicité de déclaration à l’Urssaf (mensuelle ou trimestrielle) et déclarez votre chiffre d’affaires, même s’il est nul ;
- Vérifiez votre éligibilité à l’ACRE (demande à l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité) ;
- Adhérez à un dispositif de médiation de la consommation, obligatoire dès que vous travaillez avec des particuliers ;
- Mentionnez « Entrepreneur individuel » ou « EI » sur vos devis, factures et documents commerciaux.
Bon à savoir ! En 2026, les plafonds micro s’établissent à 83 600 € pour les prestations de services et 203 100 € pour la vente de marchandises (Urssaf). Le cannage, le paillage et les réparations réalisées sur les sièges de vos clients sont des prestations de services artisanales : cotisations de 21,2 % et abattement fiscal de 50 %. La vente de sièges restaurés, de tabourets ou de créations que vous fabriquez à partir de vos propres matières, ou de fournitures achetées pour être revendues, relève de la vente (12,3 % de cotisations, abattement de 71 %) : distinguez bien les deux sur vos factures et dans vos déclarations. S’y ajoutent la contribution à la formation professionnelle (0,3 % du CA pour les artisans) et la taxe pour frais de chambre de métiers (à partir de la deuxième année d’activité, non due si le CA de l’avant-dernière année est inférieur à 5 000 €). Côté impôt, l’option pour le versement libératoire (1,7 % du CA en prestations BIC, 1 % en vente) est possible sous conditions de revenu fiscal de référence. La CFE n’est pas due l’année de création ; elle l’est ensuite, avec une exonération si le CA de l’avant-dernière année est inférieur à 5 000 €. La franchise en base de TVA dispense de facturer la TVA tant que le CA reste sous 37 500 € en prestations de services et 85 000 € en ventes (seuils majorés de 41 250 € et 93 500 €) ; en activité mixte, faites confirmer par votre service des impôts le seuil applicable à votre activité. En franchise, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » reste valable : le transfert de la TVA dans le CIBS est reporté au 1er janvier 2027 et les références au CGI restent admises jusqu’au 30 juin 2028 (BOFiP). Enfin, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026 ; l’obligation d’en émettre s’applique aux micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027. Un outil de facturation comme MicroDesk facilite devis, factures et suivi des encaissements, sans remplacer vos obligations légales.
Quelle formation pour devenir rempailleur ?
Le diplôme de référence est le CAP Cannage et paillage en ameublement, diplôme de l’Éducation nationale de niveau 3. Son titulaire sait préparer un siège, réaliser un cannage ou un paillage en fibres naturelles ou synthétiques, effectuer de petites réparations de structure et conseiller le client. La formation comprend aussi l’histoire des styles de sièges, la connaissance des matières premières et une période en entreprise.
Des formations courtes en cannage, paillage ou restauration de sièges permettent de compléter ce parcours. Vérifiez qu’une formation est bien enregistrée sur le site de France Compétences avant de vous inscrire.
Quelles sont les compétences et qualités essentielles ?
- Technique : maîtrise du cannage et du paillage, précision des tressages, connaissances des fibres et des styles de sièges.
- Sens du détail : tension régulière, finitions soignées, respect de l’esthétique d’origine.
- Conseil client : diagnostic de l’état du siège, propositions adaptées au budget et à l’usage.
- Organisation : suivi des délais, gestion des stocks de canne et de paille, rangement sécurisé des sièges confiés.
- Gestion et facturation : devis qui distinguent fournitures et main-d’œuvre, factures conformes avec la mention « EI », suivi séparé du chiffre d’affaires de vente et de prestation par rapport aux plafonds.