La micro-entreprise : est-ce encore une bonne idée en 2026 ?

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Entre l’évolution des seuils, les débats autour de la TVA, l’arrivée progressive de la facturation électronique…, on peut se dire que la micro-entreprise est devenue plus complexe, voire moins intéressante. Ce n’est pas vraiment le cas, puisque le choix d’un statut adapté pour lancer votre business va dépendre de plusieurs éléments. Ainsi, la micro-entreprise peut être très efficace dans certains cas et clairement pénalisante dans d’autres.

Vous envisagez de créer votre activité ? Vous êtes déjà auto-entrepreneur ? Vous hésitez à changer de statut ? Vous vous demandez si le régime de la micro-entreprise est toujours une bonne idée ? Voici ce qu’il y a à savoir sur ce régime spécial de l’entreprise individuelle (EI) en 2026.

Micro-entreprise ou auto-entrepreneur ?

Dans le langage courant, on parle encore généralement “d’auto-entrepreneur”. En réalité, depuis plusieurs années déjà, le terme officiel est micro-entreprise. Il s’agit d’un régime fiscal et social précis, qui s’applique à une entreprise individuelle (EI).

Concrètement, lancer une micro-entreprise, ou être auto-entrepreneur, revient à avoir une EI, mais qui relève :

  • régime micro-fiscal, avec un abattement forfaitaire pour le calcul de l’impôt ;
  • régime micro-social, avec des cotisations calculées directement sur le chiffre d’affaires encaissé.

Il n’existe donc pas de “statut auto-entrepreneur” au sens propre du terme. De plus, la micro-entreprise n’est pas une forme juridique distincte comme une société. C’est un mode de fonctionnement simplifié de l’entreprise individuelle.

Les catégories d’activités concernées

Le régime de la micro-entreprise est ouvert à un grand nombre d’activités qui sont regroupées en 3 grandes catégories, à savoir :

  • les activités de vente et d’hébergement : commerce, e-commerce, restauration à emporter, location de chambres d’hôtes, etc. ;
  • les prestations de services commerciales ou artisanales (Bénéfices industriels et commerciaux – BIC) : artisans, métiers du bâtiment, services aux particuliers, certaines activités du domaine du numérique ;
  • les activités libérales (Bénéfices non commerciaux – BNC) : consultants, formateurs, développeurs, graphistes, professions intellectuelles non réglementées.

Il faut rappeler que pour bénéficier des avantages de la micro-entreprise, vous devez respecter un certain nombre d’obligations, dont les seuils de chiffre d’affaires (CA) et le paiement de cotisations sociales. Vous l’aurez compris, les seuils de CA à ne pas dépasser, le taux de cotisations à payer ainsi que l’abattement fiscal dépendent de la catégorie d’activité que vous exercez.

Le fonctionnement de la micro-entreprise

Lancer sa micro-entreprise en 2026

En micro-entreprise, tout est calculé à partir du chiffre d’affaires encaissé. De ce fait, les cotisations sociales sont prélevées en pourcentage du chiffre d’affaires, que l’activité soit rentable ou non.

Ajoutons à cela que les frais professionnels ne sont pas déductibles individuellement. À la place, l’administration applique un abattement forfaitaire, censé représenter les charges moyennes de l’activité. Si aucun chiffre d’affaires n’est encaissé, aucune cotisation sociale n’est due (hors cas particuliers comme la CFE).

Ce fonctionnement explique à la fois le succès de la micro-entreprise et ses limites. Pour faire simple, le régime est particulièrement intéressant pour des activités avec peu de charges, mais devient vite contraignant dès que les frais augmentent.

Les obligations de votre micro-entreprise

La micro-entreprise, en tant que régime spécial de l’entreprise individuelle, bénéficie de nombreux avantages. Mais comme souligné un peu plus haut, il y a des obligations à respecter pour pouvoir en bénéficier. Ainsi, un auto-entrepreneur a l’obligation :

  • de tenir un suivi précis de son chiffre d’affaires encaissé ;
  • d’émettre des factures conformes, avec les mentions obligatoires ;
  • de déclarer son chiffre d’affaires à l’Urssaf (mensuellement ou trimestriellement) ;
  • de respecter les règles liées à la TVA, même lorsqu’il en est exonéré ;
  • de disposer d’un compte bancaire dédié si le chiffre d’affaires dépasse certains seuils ;
  • de souscrire les assurances obligatoires selon l’activité exercée.

À cela s’ajoutent de nouvelles contraintes, dont la facturation électronique qui est en cours de déploiement.

Vous trouverez dans cet article une checklist de vos principales obligations en tant qu’auto-entrepreneur.

Point sur la micro-entreprise en 2026

En 2026, les seuils de chiffre d’affaires à respecter pour rester sous le régime de la micro-entreprise restent, à date, inchangés sont de :

  • 188 700 € pour les activités de vente de marchandises et d’hébergement ;
  • 77 700 € pour les prestations de services et les activités libérales.

Ces montants correspondent aux plafonds annuels de chiffre d’affaires encaissé. Leur dépassement, sur deux années consécutives, entraîne donc une sortie du régime.

Ensuite, il faut rappeler que l’auto-entrepreneur bénéficie d’une franchise en base de TVA, à condition de ne pas dépasser les plafonds de :

  • 85 000 € (avec un seuil majoré à 93 500 €) pour les activités de vente et d’hébergement ;
  • et 37 500 € (seuil majoré à 41 250 €) pour les prestations de services.

En tant qu’auto-entrepreneur, vous devez également payer à l’Urssaf des cotisations et contributions relatives à votre protection sociale ainsi qu’à la formation professionnelle (CFP). Ces charges sociales sont calculées sur la totalité du chiffre d’affaires encaissé et doivent être réglées chaque mois ou chaque trimestre, selon l’option choisie. Pour déterminer vos charges, l’Urssaf applique un taux spécifique à chaque catégorie d’activité. Les taux actuels sont résumés dans le tableau ci-après :

ActivitéTaux de cotisations socialesContribution à la CFP
Activités de vente et d’hébergement12,3 %0,1 %
Prestations de services commerciales ou artisanales21,2 %0,3 %
Activités libérales non réglementées (BIC)25,6 %0,2 %
Activités libérales réglementées relevant de la Cipav (BNC)23,2 %0,2 %

Ajoutons pour finir qu’à partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront être capables de recevoir des factures électroniques. L’obligation d’émettre des factures électroniques s’appliquera quant à elle progressivement, avec une généralisation prévue pour les petites structures, dont les micro-entreprises, à partir de 2027.

La micro-entreprise reste donc une option assez intéressante en 2026 selon le type d’activité que vous souhaitez exercer et vos objectifs en tant qu’entrepreneur. Par exemple, les activités de services intellectuels, du numérique, du conseil, de la création ou de la formation cadrent bien avec ce régime. Le calcul des charges au pourcentage du chiffre d’affaires est lisible, prévisible et facile à piloter.

La micro-entreprise est également très pertinente pour tester rapidement une idée ou pour développer une activité en parallèle d’un emploi salarié.

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