À la rentrée, beaucoup de clients et de plateformes demandent une attestation d’assurance avant de signer. En micro-entreprise, la question revient sans cesse : la responsabilité civile professionnelle (RC Pro / RCP) est-elle obligatoire ? La réponse officielle est nuancée : le régime micro ne crée ni obligation générale, ni dispense. Tout dépend de votre activité, et parfois du véhicule ou du local utilisés.
Voici ce que disent les fiches Service Public Entreprendre (dont la page « Assurances du micro-entrepreneur » mise à jour le 7 juillet 2026), concrètement, pour éviter les approximations.
Pas d’obligation générale de RC Pro pour tous les micro-entrepreneurs
Service-public.fr rappelle qu’une micro-entreprise peut être soumise à certaines assurances selon l’activité. Il n’existe pas d’obligation unique « RC Pro pour tous les auto-entrepreneurs ».
En revanche, si vous exercez une activité réglementée (ou une profession réglementée) dont les textes imposent une couverture, vous devez souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle. Service-public.fr cite notamment certaines professions du droit (ex. avocats) et de la santé (ex. infirmiers). L’annuaire des activités et professions réglementées (INPI), pointé par la fiche officielle, permet de vérifier votre cas.
Bon à savoir ! Même lorsque la RC Pro n’est pas légalement obligatoire, elle reste souvent exigée par les clients B2B ou les marketplaces. Ne pas pouvoir produire d’attestation peut bloquer une mission, sans que la loi l’impose pour votre métier.
Décennale, véhicule, local : d’autres assurances souvent obligatoires
Service-public.fr distingue clairement plusieurs blocs :
- Assurance de l’activité : RC Pro lorsque la réglementation de la profession l’exige ; responsabilité décennale pour certaines professions du bâtiment (ex. peintre en bâtiment) qui réalisent des travaux relevant de cette garantie.
- Véhicule : si vous détenez ou utilisez un véhicule dans le cadre professionnel, vous devez être assuré pour ce véhicule. L’obligation vise les déplacements professionnels (transport de marchandises ou de personnes compris). Une assurance « privée » qui ne couvre pas l’usage pro peut être insuffisante : à vérifier avec votre assureur.
- Local loué : si vous êtes locataire de locaux professionnels, une assurance est requise (incendie, explosion, dégâts des eaux, catastrophe naturelle ; d’autres risques peuvent s’ajouter selon le contrat).
- Salariés : si vous employez des salariés, une complémentaire santé collective (participation employeur d’au moins 50 %) s’impose — cas rare en micro, mais possible.
Une multirisque professionnelle peut regrouper plusieurs de ces garanties dans un même contrat adaptable (service-public.fr).
Assurances facultatives mais utiles
Même hors obligation, Service Public recommande de se protéger. Parmi les exemples cités :
- une complémentaire santé / prévoyance pour améliorer les remboursements (soins, optique, dentaire, hospitalisation) ;
- la micro-assurance, destinée à certaines TPE en début d’activité (moins de 10 salariés, CA ou bilan < 2 M€, suivi par un réseau d’aide à la création, sans besoin de stocks importants), avec des contrats à coût réduit pouvant inclure la RC Pro.
Ces dispositifs ne remplacent ni la décennale lorsqu’elle est due, ni l’assurance auto d’usage professionnel.
Mentions sur devis et factures, refus d’assureur, résiliation
Lorsque l’assurance professionnelle est obligatoire pour exercer, service-public.fr renvoie notamment à la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 (mention de l’assurance professionnelle obligatoire) : en pratique, les devis et factures doivent permettre d’identifier l’assurance souscrite, l’assureur (ou le garant) et la couverture géographique. Pour le bâtiment, le Code des assurances (responsabilité décennale) encadre aussi l’information du client : joignez l’attestation aux devis / factures et vérifiez les mentions attendues avec votre assureur.
Autres points utiles de la fiche officielle (juillet 2026) :
- Souscription : directement auprès d’un assureur (agence, téléphone, en ligne) ou via un courtier ;
- Refus d’assurance sur un risque pourtant obligatoire : après deux refus, saisine possible du Bureau central de tarification (BCT) pour certains risques (auto, construction / décennale, catastrophes naturelles, RC médicale, RC locataires / copropriété) ;
- Résiliation : après un an d’engagement, résiliation possible à tout moment sans frais ni pénalités (Code des assurances, rappelé par service-public.fr) ;
- Délais d’indemnisation après sinistre : offre sous 2 mois sans expertise (jusqu’à 6 mois avec expertise) ; versement dans les 21 jours après acceptation de l’offre (ou organisation des réparations sous 1 mois).
Ce que vous pouvez faire cette semaine
- Identifiez si votre activité figure parmi les activités / professions réglementées (annuaire INPI cité par service-public.fr) et si une RC Pro ou une décennale est exigée.
- Vérifiez l’usage professionnel de votre véhicule et l’assurance de tout local loué.
- Demandez (ou mettez à jour) une attestation au nom de votre entreprise individuelle, avec les activités couvertes.
- Si l’assurance est obligatoire, contrôlez les mentions sur vos devis et factures (assureur, couverture géographique, attestation jointe le cas échéant).
- Rangez attestations et contrats avec vos pièces professionnelles. Un outil comme MicroDesk facilite devis et factures conformes — sans remplacer l’analyse de couverture avec votre assureur.
Sources
- Service Public Entreprendre — Assurances du micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) (vérifié le 7 juillet 2026)
- Service Public Entreprendre — Un micro-entrepreneur doit-il être obligatoirement assuré ? (vérifié le 22 septembre 2023)
- Legifrance — Loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 (référence citée par service-public.fr pour la mention d’assurance professionnelle obligatoire)
- Legifrance — Code des assurances (assurance construction / responsabilité décennale, références rappelées par service-public.fr)